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Simon Task

Simon Task

simon

Passer l'outil
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T

Type

test

D

Domaine

Fonctions exécutives

Âge

>16

Durée

8 min

Normes

Non disponibles

Description

Général

La Tâche Simon est un classique de la psychologie cognitive utilisé pour mesurer la résolution de conflit et le contrôle de l'attention. Elle illustre à quel point notre cerveau a du mal à ignorer la position d'un objet, même quand celle-ci n'est pas pertinente.

Le principe repose sur une interférence automatique. La règle : le participant répond à une caractéristique non spatiale (carré BLEU → touche de gauche, carré ROUGE → touche de droite). Le piège : le carré bleu peut apparaître à gauche de l'écran (côté de la réponse, essai compatible) ou à droite (côté opposé, essai incompatible).

La différence de temps de réaction entre essais compatibles et incompatibles est appelée l'Effet Simon. Elle reflète la tendance naturelle et automatique de l'humain à vouloir réagir vers la source d'une stimulation. Cette implémentation comporte 32 essais d'entraînement avec feedback puis 4 blocs de 28 essais (112 essais de test), en design factoriel équilibré 2 couleurs × 2 positions.

Propriétés psychométriques

La tâche Simon est l'une des tâches d'interférence les plus étudiées (Hommel, 2011).

Fidélité
  • Fidélité de l'effet Simon : Cevada et al. (2019) rapportent r = 0,48 pour l'effet Simon sur un intervalle de cinq minutes, avec un bloc unique de 28 essais. C'est le seul coefficient disponible pour cette mesure, et il est modéré : un effet Simon individuel est une quantité bruitée. L'alpha de Cronbach de 0,88 parfois cité porte sur les quatre moyennes de conditions, pas sur l'effet lui-même.
  • Comparaison entre tâches : Paap et al. (2020) placent le Simon en troisième position sur quatre pour la fidélité split-half. Le Simon n'est donc pas « supérieur aux autres tâches d'inhibition ».
  • Effet d'apprentissage : les participants deviennent plus rapides lors d'une seconde passation ; aucune donnée fournie ne documente la stabilité de l'effet au-delà de l'intervalle de cinq minutes ci-dessus.
Validité
  • Indépendance des processus : Bien que souvent regroupée avec le test de Stroop ou le Flanker sous l'étiquette « inhibition », la tâche Simon mesure un processus distinct. Les recherches de Paap et al. (2020) montrent que les performances au Simon ne sont pas toujours corrélées avec celles du Stroop. Il s'agit d'un conflit visuo-spatial spécifique plutôt que d'une mesure universelle de l'inhibition.
  • Mécanismes : L'effet s'explique par la génération automatique d'un code spatial (« c'est à gauche ») qui entre en conflit avec le code de la réponse (« je dois appuyer à droite »).
Interprétation clinique

Le conflit spatial que mesure la tâche est bien établi ; sa portée clinique ne l'est pas ici. Les quatre études fournies avec l'outil portent toutes sur de jeunes adultes sains (Cevada : n = 92, 18-30 ans ; Rey-Mermet : 18-36 ans ; Paap : étudiants), aucune sur une population âgée, clinique ou adolescente, et Cevada avertit explicitement que « l'applicabilité de ce protocole bref à d'autres populations doit être évaluée avec soin ». Aucune sensibilité au vieillissement, à une atteinte des ganglions de la base ou à la flexibilité cognitive n'est documentée par les sources fournies.

Normes

Aucune norme populationnelle n'est disponible pour cette implémentation : les 22 indices sont rapportés en score brut. Les cinq derniers (CV du TR, les trois indices de vigilance, le ralentissement post-erreur) sont définis exactement comme dans l'ANT, afin que les quatre tests chronométrés de la batterie exécutive puissent être comparés entre eux. Le score principal est la taille de l'effet Simon, en millisecondes :

Effet Simon = TR(incompatible) − TR(compatible), calculé sur les essais corrects et valides.

Interprétation du score
  • Score positif (ex. : +40 ms) : Comportement normal. Le cerveau traite l'information spatiale automatiquement, ce qui ralentit la réponse en cas de conflit.
  • Score très élevé : Difficulté majeure à gérer le conflit et à inhiber l'information non pertinente (distractibilité spatiale).
  • Score nul ou négatif : Rare et atypique. Peut indiquer que le participant utilise une stratégie particulière (ex. : attendre d'être absolument sûr avant de répondre) ou ne respecte pas les consignes de vitesse.
Indicateurs de validité de la passation
  • Précision globale : Cevada et al. (2019) n'ont inclus que des participants à 80 % de réponses correctes ou plus ; en dessous, la compréhension de la consigne est douteuse. Une précision au niveau du hasard invalide la passation ; le seuil est calculé sur le nombre d'essais scorés, c'est-à-dire tous les essais de test sauf les réponses sous 100 ms. Les omissions, elles, restent au dénominateur et comptent comme des erreurs, comme chez Cevada.
  • Taux d'anticipations : part des essais de test portant au moins un appui avant l'apparition du carré. L'appui est écarté par la fenêtre de réponse et l'essai reste répondable, donc la précision seule ne révèle pas le comportement. Signalé au-delà de 10 % — un seuil unique, celui d'ant, de n-back et de stop-it, qui publient la même mesure sous le même nom ; aucun seuil publié n'existe, c'est un repère interne. À ne pas confondre avec les réponses sous 100 ms, comptées séparément : celles-là répondent au carré trop vite pour avoir été déclenchées par lui, et Cevada n'en a observé aucune chez 92 adultes.
  • Ordonnancement théorique : TR(incompatible) devrait être supérieur à TR(compatible). Un effet nul ou inversé est signalé comme avertissement et non comme invalidation : Hommel (2011) rappelle que des effets réduits, nuls ou inversés « ont tous été rapportés dans la littérature ».
Avertissement clinique essentiel

La tâche Simon est un outil de MESURE COGNITIVE, pas de DIAGNOSTIC. L'effet Simon mesure un conflit visuo-spatial spécifique et ne se substitue pas à une évaluation de l'inhibition au sens large : un effet normal ici n'exclut pas un déficit inhibiteur mesuré par une autre tâche.

References

Article original Simon, J. R., & Rudell, A. P. (1967). Auditory S-R compatibility: The effect of an irrelevant cue on information processing. Journal of Applied Psychology, 51(3), 300-304.

Revue théorique Hommel, B. (2011). The Simon effect as tool and heuristic. Acta Psychologica, 136(2), 189-202.

Fidélité (version courte) Cevada, T., et al. (2019). Test-retest reliability of the Simon task: a short version proposal. Somatosensory & Motor Research, 36(3), 1-7.

Critique de la validité Paap, K. R., et al. (2020). Interference scores have inadequate concurrent and convergent validity. Cognitive Research: Principles and Implications, 5(1), 7.